La balade d’un mec heureux…

7 novembre 2016

77C'est toujours avec plaisir que nous récoltons vos témoignages ou vos expériences avec votre vélo Amsterdamer. Nous avons reçu il y a quelques jours le récit imagé de Bernard qui a traversé la France d'Est en Ouest grâce à son vélo de voyage électrique Amsterdamer. Nous sommes ravis de le partager avec vous. Et qui sait, peut-être que ça en inspirera certains d'entre vous ?

Sommaire

Prologue

Février 2015, une date particulière puisque j’ai décidé de cesser mon activité professionnelle, estimant que quarante trois années d’exercice auprès de neuf employeurs ainsi que seize déménagements justifiaient amplement de tourner cette page pour enfin m’adonner à d’autres joies, construire ce que je nommerai « l’après midi de ma vie », longue et radieuse j’espère…


 

1. Constat et réflexion

Mais auparavant, je me dois de réaliser un bilan, même succinct. Un retour sur ces décennies écoulées, le rappel d’une période professionnelle plutôt joyeuse, sans heurts majeurs, période durant laquelle je fus majoritairement entouré de personnes intéressantes et motivées, volontaires et pleines de punch, certaines m’ayant réellement apporté ce petit plus qui permet de se construire professionnellement, mais hélas elles furent rares, d’autres avec lesquelles j’ai cohabité, sans aucun apport et elles furent beaucoup plus nombreuses ; c’est tout naturellement qu’avec tout ce joli monde et au fil des années j’ai évolué dans l’entreprise, tout en exerçant de multiples activités, diverses et variées mais toujours enrichissantes et passionnantes.

Pour autant, cette fameuse activité passionnante fut également prégnante, avec un prix fort payé en terme d’absences et les déplacements furent très, voire trop nombreux… assortis de nombreuses nuitées d’hôtel et plus encore de repas professionnels, potentiellement préjudiciables à ma santé, avec une ligne de poids qui évolua à un rythme soutenu, passant ainsi de soixante-quatre à quatre-vingt-treize bons kilos sur quarante années. A cela s’ajouta une usure certaine d‘exercer, le syndrome de la machine bien huilée, des tâches répétitives faisant s’émousser au fil du temps ce plaisir initial que j’avais à travailler, à partager, à échanger, bref il était grand temps que je cesse ce métier, et je l’ai quitté après mure réflexion, sans regret aucun, cette période restera pour l’essentiel un souvenir riche, tant sur le plan professionnel qu’humain, un souvenir globalement positif.

Face à ce bilan où la passion professionnelle se mêla hélas à cette désastreuse prise de poids, je me devais de réagir. Comment vivre le changement et renouer avec un poids acceptable, comment associer une baisse de poids avec prudence et sagesse, sans aucun régime, sans violence sur l’organisme, comment concilier la gourmandise et le sport, gérer l’effort sportif sans traumatismes, comment vivre tous ces changements avec douceur et progressivité, sans forcer ni subir l’effort ? Vaste programme !

L’idée de renouer progressivement avec le sport chemina dans mon esprit mais ce n’est pas chose aisée lorsque vous êtes nettement en surpoids pour vos cent soixante-dix centimètres de taille ! A cela s’ajoute d’autres désagréments, un manque de souffle incroyable et une musculature ayant fondu comme neige au soleil.

Ainsi, ai-je donc décidé de me lancer un défi ambitieux mais restant accessible, celui de faire un périple en France à bicyclette, à mon rythme, ce qui signifie très clairement prendre le temps puisque désormais j’en disposais à foison, m’approprier l’espace temps, retrouver pianissimo cette insouciance et ce bien-être passés, faire ce que je veux quand je veux, retrouver ces sensations perdues de liberté, de cette jeunesse où je parcourais de belles distances en colonies cyclo-touristique le long du littoral atlantique…c’était il y a presque un demi-siècle…wouah !


 

2. Après la réflexion, l'action

Mars 2015, l’action première est engagée, je décide de marcher tous les jours, régulièrement et tranquillement, l’objectif étant de bouger mon corps sans le traumatiser, de réapprendre à respirer, de réfléchir également sur ce défi que je me suis fixé pour juin 2016, tout en phosphorant sur les modalités organisationnelles que je devrai mettre en œuvre, me vider l’esprit de toutes contraintes, travailler le physique et le mental.

Habitant sur les hauteurs de Bar le duc, petite ville de province meusienne, mon quotidien est donc de bannir le mot « travail » et lui substituer le mot « plaisir ». Pour éviter de rester désœuvré, je décide d’aller chercher le pain frais à pieds tous les matins, soit environ cinq kilomètres et non moins deux cents marches à descendre… mais autant à remonter ! A cela s’ajoute les ballades de l’après-midi, voire effectuer les achats hebdomadaires en les fractionnant au fil des besoins, pour éviter la charge, ma recherche première étant pour rappel, de réguler l’activité sportive sans la subir, juste pour le plaisir de l’objectif futur.

Février 2016, voici une année que j’applique avec assiduité mais aussi détermination mon petit traitement sportif et le constat est sans appel, une moyenne constatée d’environ onze kilomètres de marche par jour, j’avoue quelques variables avec des amplitudes de un à vingt kilomètres journaliers, mais je me surprends de ma modeste ténacité. Plus encore, je suis étonné de la baisse de poids d’environ onze kilos, ce que je n’imaginais pas un seul instant. Cette baisse de poids associée à la marche journalière me confirme qu’il n’est pas nécessaire de faire des régimes ni de torturer l’organisme pour obtenir des résultats et cela me rassure car si cette perte de poids constatée est significative sur une année, elle reste néanmoins modérée en moyenne mensuelle. A cela s’ajoute une satisfaction réelle car j’ai réussi à renouer avec le sport, sans contrainte, à préparer mon corps sans jamais le brusquer.

Je ne dirai qu’un mot : Heu-reux ! Et satisfait du déroulé de ces douze premiers mois de loisirs. Je suis bien dans ma tête et mon corps, je respire nettement mieux et surtout je suis beaucoup moins essoufflé qu’à mes débuts. Je marche désormais d’un pas assuré et régulier, mon poids se stabilise tout en restant à un niveau supérieur à la norme mais je me fiche éperdument de cette fichue norme, je ne travaille pas le look…

En revanche, je travaille le souffle avec une marche plus rythmée, en alternance avec une marche plus posée, toujours en gardant à l’esprit que la machine ne doit pas subir.

La masse musculaire se renforce sur les jambes et les mollets mais elle est réduite à sa plus simple expression au niveau des bras ; je décide donc de procéder à un correctif car les bras seront sollicités assez fortement lorsque je ferai du vélo. Pour corriger ce début de décrépitude supérieure, je décide donc d’effectuer des pompes…

Un désastre ! Un écroulement après trois flexions me font rire amèrement mais j’ai la niaque, et je parviendrai à réaliser un nombre acceptable au fil des jours c’est une certitude. J’avais sous-estimé cet aspect des choses, la correction est engagée !

Mars 2016, l’objectif pompes se met en œuvre calmement et je parviens désormais à réaliser une soixantaine de flexions par jour mais en fractionnant par dizaine ou quinzaine selon ma forme. Là encore, la remise en forme s’opère comme avec magie, pianissimo et en fonction des réactions de mon corps. Le matin après la douche je parviens à réaliser cinq à dix pompes, d’un retour de marche et bien échauffé, j’en réalise sans problème une vingtaine ; je m’oblige à ne pas forcer, règle intangible pour que l’exercice reste associé au plaisir.


 

3. L'investissement matériel

Mars 2016, ce mois-ci, la réflexion se porte sur le type de vélo à acheter. Curieusement, je me rends compte que j’ai acheté plus de trente cinq voitures au cours des quarante dernières années et que je n’ai jamais eu d’autre vélo que celui offert par mon père en… 1970 ! C’était un superbe demi-course rouge de marque Peugeot, triple plateau et neuf pignons s’il vous plait ! J’étais fier de cet engin symbole de liberté même si les jeunes de mon âge préféraient déjà la mobylette. Aujourd’hui, après quelques petites réparations, il reste en parfait état de fonctionnement mais n’est plus adapté à ma morphologie qui, elle aussi a sensiblement évolué au fil des années… je le bichonne comme un objet collector et surtout il conserve une grande valeur affective.

Le choix est fait, et je jette mon dévolu sur un vélo hollandais de marque Amsterdamer, vélo grand tourisme à assistance électrique avec une boite ROHLOFF qui se substitue au dérailleur d’antan. Le système de freinage à disque MAGURA est efficace par tous temps et particulièrement adapté aux parcours montagneux et avec dénivelés. Quant aux pneumatiques, j’ai opté pour des MARATHON plus, réputés increvables…

Après essai, il n’y a pas matière à hésiter. Ce vélo robuste et fiable devrait me mener sur les routes en toute sécurité et théoriquement sans avoir trop de soucis mécaniques. Il me convient parfaitement. L’avenir me confirmera ou non le bien fondé de ce choix de cœur.

Le prix est le sujet qui fâche en prime abord mais il est en adéquation avec la qualité avérée. Je ne devrai pas regretter cet investissement, car il s’agit bien d’un achat destiné à du plaisir sur le long terme ; d’autre part, ce sera seulement mon second vélo mais le premier acheté après soixante ans passés…alors je me lâche un peu…

Six semaines d’attente c’est long, en attendant, je continue mon petit entrainement quotidien : marche, pompes, marche, pompes…


 

4. La livraison du vélo

03 mai 2016, il aura fallu attendre huit longues semaines pour que je puisse enfin savourer l’arrivée de Mon vélo ; je vais pouvoir donc commencer sans tarder mon entrainement afin d’être au mieux de forme et engager mon petit périple vers Biarritz…

Après avoir digéré l’ensemble des notices livrées et vérifié que tout est clean, les premiers tours de roues se profilent et je décide de me familiariser avec mon joujou dès le lendemain sur les routes départementales de la Meuse.


 

5. L’entrainement en vélo

velo voyage France04 mai 2016, parti le matin même direction Ligny en Barrois puis Gondrecourt le Château…et retour. Je décide de ne pas utiliser l’assistance électrique sur l’aller et ce fut relativement aisé à tel point que j’en suis moi-même surpris. Quant à la capacité de la batterie, l’utilisation en « médium » m’a permis de réaliser globalement une centaine de kilomètres avec environ cinquante pour cent de charge, ce qui rassure pour les utilisations envisagées le mois prochain…

Autre point positif, aucun essoufflement constaté, je roule peinard et m’arrête dès que j’en éprouve le besoin. La moyenne s’en fait ressentir mais cela n’a aucune importance puisque, au risque de me répéter, je ne recherche pas la performance mais l’agrément.

En revanche, les muscles fessiers se rappellent à moi au terme de cette première journée. Je devrai donc impérativement mettre des renforts si je veux voyager confortablement…

Juin 2016 aura été le mois le plus pluvieux que l’on puisse imaginer ; la période où les journées sont les plus longues a laissé place à un temps maussade, humide et venteux.

Juillet 2016, enfin du soleil et je concocte des trajets sur le lac de La Madine et le lac du Der. Les routes pour y arriver sont vallonnées et je pédale « en situation réelle », c’est-à-dire avec l’ensemble dont j’aurai besoin lors de mon petit périple.

La pesée est simple, l’ensemble vélo, matériel et moi-même représentent 126 bons kilos sur la balance et je teste ainsi la capacité de la batterie en lourde charge mais aussi la capacité journalière du bonhomme…

Août 2016, je décide d’aller chez un de mes enfants à Epinal, soit 290 kilomètres aller-retour sur deux journées. Parti de Behonne le 07 août au petit matin avec un soleil radieux, les conditions sont optimales pour réaliser ce trajet en passant par les départementales qui mènent à Ligny en Barrois, Boviolles, Void-Vacon, Vaucouleurs, Vézelise, Charmes et Thaon les Vosges. Huit heures auront été nécessaires pour effectuer cette première tranche mais douze heures le lendemain pour effectuer le retour avec un vent de face en continu plus difficile à endurer que les routes vallonnées. Je ne regrette pas cette escapade de deux jours, bien au contraire, cela m’a permis de situer mes propres limites ainsi que celles de l’autonomie du vélo. Question autonomie, en position « slow », j’ai utilisé la moitié de l’énergie à l’aller et les trois quarts au retour. Quant à ma noble personne, la sagesse s’impose et j’estime raisonnable de ne pas dépasser cent kilomètres par jour, idéalement soixante-dix pour rester dans un esprit de balade tranquille avec le nez au vent et ne pas me ruiner physiquement.


 

6. L'itinéraire

Doté d’un GPS, de quelques cartes et d’un itinéraire tracé sur des routes départementales, j’évalue la distance à parcourir globalement et surtout les étapes indispensables pour recharger les batteries. C’est une vraie difficulté et je dois également penser à sécuriser le vélo.

Je décide donc de fixer le point de chute au jour le jour en privilégiant les hôtels premiers prix ou la chambre chez l’habitant tout en restant dans un budget « raisonné ».

Il y a comme un gout d’aventure et une impatience certaine ; je suis confiant quant au déroulement de ce périple et ferai en sorte que tout se déroule pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il est fort à parier que je rencontrerai des personnes épatantes et c’est en cela que l’aventure devient plaisante… bref, je ne tarderai pas à le savoir.


 

7. La préparation du départ

Curieusement, ce n’est pas un point qui me tracasse. Je roule depuis plusieurs semaines en charge à l’identique du jour J. Je vais donc méthodiquement répertorier l’ensemble de mes besoins vestimentaires et outils, équilibrer la charge sur les sacoches avant et arrière, et en route !


 

8. Vendredi 26 Août 2016, c’est parti !

  • J1 Vendredi 26 août 2016. Bar le Duc > Radonvilliers. Distance 95 kms.

voyager a velo temoignageIl est 7H00 du matin, je suis sur le départ. La météo s’annonce excellente pour le farniente, beaucoup moins pour réaliser mon premier trajet. Un ciel bleu immaculé et déjà 16°, il va falloir se ménager et s’hydrater tout au long de cette journée qui s’annonce caniculaire.

Midi, première grande pose après avoir parcouru 75 kms. Le hasard fait bien les choses, une déviation à Montier en Der m’a détourné du parcours initialement planifié, ce qui m’a fait aller sur la petite commune de Ville aux bois, petit village qui m’est totalement inconnu mais tout à fait charmant avec un espace ombragé et dédié au pique-nique. Je profite de cette pause pour me sustenter de quelques fruits secs et de beaucoup d’eau car il fait très chaud et je me repose sous les arbres avant de poursuivre mon chemin. Il me reste environ 20 kms à parcourir par les petites départementales avant d’arriver à Radonvilliers, en passant par les communes d’Epothémont et Morvilliers.

15h30, je suis vidé de cette journée extrêmement chaude et je m’arrête au camping Gavillon pour réserver ma première nuitée ; c’est une grande première puisque je ne suis pas allé au camping depuis mon adolescence, c’est dire….

20h30, après avoir pris une bonne douche réhydratante dans le mobil-home, (c’est une première également) une bonne bière pression est savourée aux abords de la piscine. Eh oui, c’est un petit camping de campagne tout simple mais avec un confort certain. Gérard (le gérant) me prépare dans la foulée mon repas diététique du soir, menu spécial cyclotouristes, steak haché frites moutarde suivi d’un cône vanille et d’un petit café. Le tarif est tout doux, qu’il s’agisse de la nuitée mais aussi du repas et cela me convient très bien.

Demain, levée à 6h30, départ 7h00 en longeant le lac de la forêt d’Orient avec pour destination la ville de Sens en passant préalablement à Troyes et Saint Julien. Le trajet est estimé aux alentours de 135 kms ; selon la chaleur je me poserai avant si nécessaire. Avant tout, je me reprends une petite douche avant d’aller faire un dodo réparateur, demain sera rude et je le sais. Ce sera aussi théoriquement la dernière journée de canicule selon Les prévisions météo.


  • J2 Samedi 27 août 2016. Radonvilliers > Sens. Distance 145 kms.

Samedi 27 août 2016, comme prévu le top départ est à 7h00 et je suis les conseils de Gérard, à savoir de longer le lac sur environ 35 kms. La température est parfaite, je parcours les premiers kilomètres sans problèmes, c’est nickel et de surcroit un vététiste me rejoint et m’accompagne sur cette première distance. Le trajet est avalé le temps de le dire, enfin presque…Je le remercie et je poursuis ma route en longeant le canal de la Seine après avoir « galéré » dans la ville de Troyes, laquelle dispose d’un réseau cyclable médiocre et dépourvu d’indications.

Le long de ce canal, c’est parfait et sans dénivelés sur environ 40 kms. L’ombre des feuillus est bienvenue et me permet de pédaler sans avoir à souffrir de la chaleur déjà bien présente. Je rencontre plusieurs cyclistes et de tous âges ; je double un couple en l’accompagnant d’un « bonjour, merci ». Je retrouve ce duo un peu plus tard alors que je faisais une petite pause et naturellement le dialogue s’instaure autour de la thématique « vélo ». La femme a un accent et je ne manque pas de lui demander ses origines. Ce qui fut surprenant, c’est d’apprendre qu’elle est d’origine polonaise, de Cracovie, ville où j’ai séjourné très récemment… Le monde est décidément bien petit !

A ce stade du trajet de cette deuxième journée, j’ai parcouru la bagatelle de 85 kms et cette pause est bienvenue sur le bord de ce canal. Tout se déroule à merveille et j’espère avoir à parcourir encore de longues distances aussi agréablement.

13h00, je repars après avoir rechargé la batterie du GPS et je quitte à regret ce canal ombragé pour attaquer une route départementale interminable, sans arbres et avec des dénivelés, certes pas très ardus mais néanmoins nombreux. La chaleur est pesante à l’identique de la veille et je me déshydrate rapidement ce qui nécessite des haltes fréquentes et du ravitaillement en eau chaque fois que possible.

C’est ainsi que je me suis retrouvé dans un bistrot de campagne me projetant dans les années 70, aussi inattendu que cette fichue départementale ! Des locaux sirotent leur pastis, un chien est assommé par la chaleur avec une serviette mouillé sur la tête, …unique ! Un tel lieu pourrait donner un urticaire géant au moindre sportif mais pour moi ce lieu fut un oasis salvateur au milieu de nulle part.

60kms restent à parcourir pour atteindre Sens, route sans grand intérêt. Cette seconde journée aura été moyennement difficile mais riche de rencontres et d’échanges cordiaux avec des anonymes et c’est bien là l’essentiel, un pur et simple petit bonheur au quotidien.

Arrivé à Sens, je prends possession de ma chambre d’hôtel et file me ressourcer sous une douche prolongée avant d’aller dévorer un repas bien mérité.

Avant d’aller me coucher, une seconde douche m’est nécessaire pour enfin m’endormir dans les bras de Morphée…

Je suis confiant sur la suite de ce voyage et demain je filerai tranquillement sur Montargis puis Orléans. Je verrai si je me contente d’une petite virée de 60 kms ou davantage…ce sera selon ma forme et mon envie du moment. Pour l’instant, extinction des feux, demain est un autre jour…


  • J3 Dimanche 28 août 2016. Sens > Jargeau. Distance 125 kms.

Voyage à velo La journée s’annonce moins caniculaire mais des orages sont attendus dans l’après-midi. J’enfourche donc mon randonneur sans tarder, il est 9h30, le petit déjeuner expédié, tout est clean, je pars pour environ 125 kms…

13h30, je suis déjà à Montargis mais grâce à l’assistance électrique utilisée dès les premiers coups de pédale car les vallons de l’Yonne agrémentés d’un vent tournoyant et orageux ne m’ont pas facilité la tâche.

Cette première tranche de 55 kms fut sans grand plaisir avec des champs de maïs à profusion alternés de quelques fermes isolées et protégées par des molosses, ce qui n’invite pas à s’arrêter. Pédaler ainsi n’est pas très agréable.

Lors de la préparation de l’itinéraire, j’avais appréhendé ce tronçon et je m’étais préparé mentalement à rencontrer quelques monotonies et désagréments de ce genre jusqu’à Orléans. Pour l’heure, 70 kms restent à parcourir pour enfin apprécier les pistes cyclables du val de Loire, je n’y suis pas encore….mais je reste très motivé et excité.

Avant de reprendre ma route, je me pose dans un café PMU et mange un pâté en croute acheté quelques instants plus tôt dans une boulangerie, accompagné d’une petite bière légère, traitement antioxydant semble-t-il… Le bistrot est bruyant, de surcroit les clients fument à l’intérieur et une musique métal insupportable et puissante me tape la tête…bref, Montargis, on oublie pour l’étape.

15h00, peu de temps me sépare de la pause précédente et je m’arrête au café dénommé « au bonheur tranquille » situé sur la route départementale 963 à Chevillon/ Huillard. Ce nom évocateur me convient, j’aime les gens et les lieux simples et sympas…

Le proprio accepte gentiment de me recharger la batterie du GPS ce qui me permet de poursuivre sereinement ma route. Halte prolongée en ce lieu pour une pause tranquille et oublier la mini pause précédente.

50kms pour parvenir à l’Hôtel du cheval blanc à Jargeau. L’établissement est un peu daté mais le jeune couple a repris l’affaire en gérance en mai dernier et ont privilégié la rénovation au fur et à mesure plutôt que de financer les travaux avec l’acquisition du fonds.

Peu importe ce côté vieillot, l’essentiel et de pouvoir me poser dans un lieu propre et confortable, ce qui est le cas.


  • J4 Lundi 29 août 2016. Jargeau > Blois. Distance 85 kms.

Lever à 7h00 sur une météo orageuse avec prévisions pluvieuse jusqu’à midi. Je vais déjeuner periple-cyclotourisme7copieusement et partir vers un nouvel horizon à environ 85 kms, la ville de Blois.

Je regarde le ciel qui ne s’annonce pas très bleu, j’apprécie la température actuelle mais sans les ondées probables. Je positive en me disant que s’il pleut, j’aurai une réhydratation tout en roulant…

8h30, le départ

15h00, je me repose un long moment sur un banc le long de la Loire à environ 10 kms de Blois. Voici six bonnes heures que je pédale avec très peu de mini haltes. 77kms ont été réalisés sans difficultés, les bords de Loire sont un vrai plaisir pour pédaler mais aussi pour les paysages et je ne me suis pas rendu compte du trajet effectué tant les lieux sont paisibles. De nombreux pêcheurs sont installés le long du fleuve magnifique et indompté.

La distance est mineure pour aller au centre de Blois, puis je vais prospecter pour trouver un hôtel abordable, comme d’habitude…les réservations de chambres sont effectuées par internet.

16H30, arrivée à Blois centre, l’hôtel ouvre à 17h30. Je me sens obligé d’aller savourer (devinez quoi) une petite bière blonde légère et surtout bien fraîche !

17h30, je sécurise comme tous les jours le vélo et prends possession de ma chambre. Celle-ci, je dois l’avouer est plus que rustique, pour ne pas dire « dans son jus » mais cela m’importe peu, la literie est ferme et très propre, je n’en demande pas plus. La gérante à la gentillesse de me conseiller une brasserie de l’autre côté de la Loire et je suis son conseil, ce qui me permet de visiter l’hyper centre touristique de Blois, ville tout à fait charmante et accueillante.

Ce soir, soirée télé mais je pense que le sommeil ne tardera pas à me gagner. Demain, direction Tours puis ma route virera vers Poitiers. A demain !


  • J5 Mardi 30 août 2016. Blois > Sepmes. Distance 130 kms.

velo cyclotourismeDate ô combien importante car nous sommes le 30 août et c’est le jour de mon anniversaire. Je suis seul et c’est une grande première. Je me dis que ceux qui penseront à moi me feront un petit coucou par message, cela suffira à mon bonheur.

Trèves de blablateries, il est 8h30 ; aujourd’hui je file après le déjeuner vers Tours, ville située à environ 70 kms et je ferai peut-être quelques kilomètres en duo avec des cyclistes locaux ou itinérants.

Pause à Amboise, ville particulièrement touristique et aux terrasses bondées ; cette matinée fut superbe, qu’il s’agisse du trajet en lui-même mais aussi des conditions météorologiques.

Je ne dirai pas la même chose sur la ville de Tours avec une signalétique pour vélos complètement incohérente ; ville que j’ai trouvé particulièrement dangereuse pour les deux roues, à éviter.

De Tours, je me dirige vers Châtellerault, l’intérieur de la France profonde. Après le Loiret et le Loir et Cher, l’Indre montre ses doux vallons et ses nombreux villages au milieu de pâtures et autres champs de maïs…bucolique mais assez désert, peu de cafés ou boulangeries pour ravitailler en boissons fraîches, on se sent un peu au milieu de nulle part, mais en revanche les paysages sont jolis et je roule agréablement et peu de circulation.

18h00, la batterie montre des signes de fatigue et je m’arrête pour le recharger dans un petit troquet à environ 30 kms de l’étape finale. Sans GPS sur ces petites routes, il me serait impossible de me situer, donc la pause s’impose.

Une bonne demi-heure plus tard, j’ai assez de charge pour être guidé sur le restant de mon parcours.

Côté batterie du vélo, tout est parfait et elle dispose encore d’une capacité de 75%. Je mets la batterie en speed, ce qui me permet de torcher les 30 kms en 1h30

19h30, je prends possession de ma nouvelle chambre à la ferme des Berthier, chambre d’hôtes très soignée située à SEPMES (région centre). Lieu calme, gentillesse des hôtes, le tout pour une somme modique. Le petit déjeuner est inclus dans la prestation. Seul regret, l’absence de restaurant dans ce beau corps de ferme, aucun aux alentours, même au centre du village, je suis bien au tréfonds de la région centre ! Seul repli, un Food-truck sur la place du village me permet d’acheter un steak haché avec des frites et une canette de bière…ce sera un frugal repas d’anniversaire que je mangerai dans la cour du corps de ferme !


  • J6 Mercredi 31 août 2016. Sepmes > Lusignan. Distance 105 kms

velo de voyage et sacoche 9h30, temps ensoleillé, pas de vent. Départ tardif de la ferme des Berthiers tant il était agréable de se reposer. La nuit fut régénératrice dans un calme absolu.

Le petit déjeuner fut royal avec des confitures maison (figues, melon d’eau, clémentines et fraises). J’ai également fait honneur au fromage de chèvre frais et cendré mais fais abstraction de la rillette de lapin, privilégiant le traditionnel pain beurre confiture avec un bon café crème…

Le patron me sert également un jus de pomme local, très gouleyant et m’offre une coupelle de myrobolans, sorte de mirabelles anciennes et sauvages, fruits un peu fiers mais juteux à souhait, dotés de vertus semble-t-il multiples.

L’heure du départ à plus que sonné et j’ai une petite centaine de kilomètres à parcourir avec une pause vers Châtellerault. La route est calme, peu vallonnée mais là encore il n’y a pas de vie hormis le monde agricole et je roule au milieu d’immensités de bois et de champs de maïs, encore et encore…

Le GPS une fois de plus m’est indispensable pour me situer sur ces petites routes, lesquelles n’affichent pas toujours la direction attendue.

L’après-midi est tout aussi monotone avec des paysages uniformes de champs de maïs, encore et encore du maïs…et une chaleur qui avoisine les 30°.

Demain jeudi 1er septembre, le paysage sera probablement le même, la distance sensiblement identique à aujourd’hui mais je me rapproche de l’océan avec une impatience grandissante.

Je prévois demain de pédaler jusqu’à Saintes via Saint Jean d’Angely. Initialement j’avais envisagé d’aller sur la Rochelle ou Rochefort mais je préfère optimiser mon temps pour itinérer vers la Palmyre, la Tremblade, les Mathes, Saint gorges de Didonne et autres lieux de villégiature que nous fréquentions autrefois avec mes parents ; Autre endroit que je tenais à revoir, le manoir Emilie à Arvert près d’Etaules, où j’ai séjourné enfant (j’avais trois ans…). L’ile d’Oléron est proche, je me souviens que nous faisions du camping autrefois, tout un heureux passé qu’il me tarde de revoir.

Tout en laissant vagabonder mon esprit, je pédale, je pédale et me rapproche de Lusignan, petite commune située environ à une petite trentaine de kilomètres après Poitiers.


  • J7 Jeudi 1er septembre 2016. Lusignan > Saintes. Distance 120 kms

Température de 14° ce matin, prévision de 31° l’après-midi, pas de vent, ciel dégagé. Il est 7h00 et je suis réveillé par le chant d’un coq, probablement vieux car son chant et quelque peu éraillé…Je commence bien ma journée en imaginant ce vieux coq avec la crête de travers et quelques plumes rares et ternes. Je rigole seul de cette image humoristique…

9h00, départ de Lusignan

13h00, je fais une grande pause après avoir parcouru environ 55 kms. Pour la première fois, j’ai privilégié la route nationale sur laquelle il m’a été confirmé l’absence de 2×2 voies. La route est large et modérément fréquentée, peu de dénivelés importants. Je sens que je me rapproche de l’océan et les Charentes Maritimes ne sont pas réputées montagneuses… ! Prochaine petite halte à Saint Jean D’Angely puis direction Saintes ou je projette depuis hier de poser mes sacoches. Le temps est chaud mais tout à fait supportable, l’impatience grandit à l’approche de la grande bleue…

17h00, je me pose comme prévu à l’hôtel de France à Saintes. Le centre ville historique est à dix minutes à pieds et je pars en prospection après avoir sécurisé mon vélo et mis en charge l’ensemble des batteries. C’est une organisation désormais bien huilée, à savoir réserver la veille un hôtel en veillant bien à son accessibilité pour un vélo, privilégier la proximité des centres villes, ajuster l’itinéraire initial si besoin. A l’arrivée, mettre en charge les batteries et sécuriser le vélo puis prendre une bonne douche et se changer pour aller prendre une consommation en ville, se restaurer correctement afin d’être en parfaite forme le lendemain matin.

Le centre de Saintes est piétonnier et de nombreuses terrasses s’offrent à moi. Une petite pinte de bière s’impose après un trajet de 110 kms environ. Ce soir, ce sera une grande salade composée avec fromage et jambon et je compose déjà la journée de demain qui sera une journée axée sur le passé, ma jeunesse et mes parents. Je suis bien et heureux mais aussi empreint d’une émotion… c’est ainsi, à chacun sa sensibilité…


  • J8 Vendredi 02 septembre 2016. Saintes > Royan. Distance estimative de 110 kms.

voyager a velo c'est possibleTemps ensoleillé, vent faible, peu ou pas de dénivelés.

Beaucoup d’émotion mais aussi de sérénité sur ce parcours qui me projette dans mon enfance, mon adolescence également. Les nombreuses vacances au camping Beauséjour, l’insouciance du gamin que j’étais, tout est si loin et pourtant encore si présent ! Le temps ne semble pas avoir une grande emprise sur cette belle région ostréicole que j’affectionne particulièrement.

La journée s’est déroulée magnifiquement, j’ai retrouvé les lieux de mon enfance, quelques photos étoffent mon parcours et je suis incroyablement bien.

17h30, après avoir itinéré environ 110 kms sans même m’en rendre compte, je me pose à l’hôtel le Coton à Royan, situé à environ 800 mètres du bateau, lequel me mènera demain matin de l’autre côté de la Gironde, ce sera le début de la route réputée sans voitures jusqu’à la destination finale, Biarritz…

L’hôtel est en cours de rénovation, la gérante nommée Sabine a repris l’affaire depuis un an et se donne la peine de choyer ses clients, le tout dans une ambiance cool et sans formalisme. Ce soir, la restauration sera plus légère car je n’ai plus de grands parcours quotidiens à réaliser et je n’aurais plus de dénivelés à affronter. La prochaine étape se situe à environ 50 kms (Hourtin) et je vais tout simplement profiter de l’excellente météo pour pédaler tranquillement le long du littoral au milieu de la pinède.


  • J9 Samedi 03 septembre 2016. Royan > Hourtin. Distance 60 kms

Il est 7h30, vite le petit déjeuner puis en route pour prendre le bac et partir vers une nouvelle journée de bonheur.

Depuis mon départ, j’ai parcouru environ 900 kms sur 8 jours, soit une moyenne journalière d’environ 112 kms. J’estime la performance et suis surpris d’avoir réalisé ce parcours aussi rapidement tout en relativisant la performance si l’on intègre l’assistance électrique, une météo très favorable et quasiment dépourvue de vent, sans compter la moitié du parcours sans dénivelés, je relativise mais suis tout de même satisfait …

Aujourd’hui, petit parcours avec le départ de Royan d’où je prends le bac afin de traverser l’estuaire jusqu’au Verdon. La traversée sera vers 10h00 ce qui me laisse le temps de discuter avec d’autres cyclistes. Le transport n’est pas onéreux et la traversée me rappelle à nouveau mon passé dans ce secteur. Je respire l’air iodé et pressens une journée tranquille sous le soleil.

La traversée dure environ une demi-heure avant de retrouver la terre ferme ; ensuite je m’engage avec une horde de vélos de tous genres sur les pistes cyclables de la vélodyssée, lesquelles sont fort bien balisées pour me mener vers Soulac sur Mer, petite ville balnéaire. Aucune voiture ne vient troubler ces premiers kilomètres, des lignes droites à travers la pinède où je respire immédiatement les essences boisées des résineux, accompagné d’un soleil éclatant.

Le paysage a changé. Les champs de maïs et de tournesols ont laissé place aux bois de pins. Je me laisse bercer par le calme qui règne sur cette piste ombragée tout en pédalant tranquillement…

Le long des voies cyclables poussent également des mures sauvages ; les cyclistes s’arrêtent et font la cueillette. Je fais de même et procède a une petite récolte pour les manger le soir venu non sans avoir pris soin de les laver avant.

16h30, je suis déjà à destination et je me pose dans un petit hôtel place de l’église à Hourtin, un établissement modeste mais doté d’une honorable table.

Ce soir, après une bonne douche, ce sera une bonne assiette de crudités fraîches et croquantes. J’ai envie de frais et de croquant et j’ai une grande faim. Une bavette et ses traditionnelles frites suivront tant mon appétit est féroce en cette fin de journée. Je dois prendre des forces pour affronter la journée de demain qui sera plus kilométrée.

Curieusement, la fatigue est plus présente que d’habitude alors que je n’ai parcouru qu’une soixantaine de kilomètres, le cumul probablement…


  • J10 Dimanche 04 septembre 2016. Hourtin > Biscarosse. Distance 130 kms. 

Départ ce matin à 8h30, le fond de l’air est frais et humide mais le soleil devrait s’imposer rapidement selon la météo du jour. Je file en direction du Cap Ferret et prends la Départementale 106 pour aller à la pointe du bassin, puis traversée par bateau pour rejoindre Arcachon.

Cette mini traversée est couteuse et l’organisation inexistante. La foule permet difficilement le chargement des vélos, lesquels sont arrimés à l’arrière du bateau après avoir été délestés des sacoches et batteries. Inutile de vous dire que ce fut un moment difficile de devoir déposer et porter seul les bagages, même difficulté pour quitter cette barge au quai d’Arcachon. Restons positif, la traversée m’a permis d’éviter un contournement par la route, ce qui se serait traduit par des kilomètres supplémentaires et j’ai ainsi pu discuter avec un couple itinérant en tandem, lequel m’a conté leurs aventures à la Guadeloupe et la Réunion avec leur bicyclette et leur remorque.

La route se poursuit d’Arcachon (ville de notables aux belles demeures anciennes) vers la Teste de Buch puis Biscarosse. Une partie du trajet se fait en duo avec un cycliste (vélo course) et je file à belle vitesse avec lui, sans assistance électrique, l’un entrainant l’autre…Les kilomètres défilent sans effort et je sollicite la batterie sur les 20 derniers kilomètres, le marathon avec le vélo de course m’ayant quelque peu vidé.

Tout va bien et c’est la dernière véritable grande distance que j’effectue avant l’arrivée à Biarritz, ou St Jean de Luz, je verrais.

Etape à l’hôtel des Italiens à Biscarosse, Etablissement simple et abordable, restaurant super avec des pâtes excellentes préparées aux fruits de mer. Une bonne glace clôturera ce menu basique mais néanmoins gouteux à souhait.


  • J11 Lundi 05 septembre 2016. Biscarosse > Moliets. Distance 90 kms

Biscarosse à vélo9h30 je suis sur le départ. Je ne connais pas ce parcours et espère peu de dénivelés dans les dunes de la pinède de Gascogne. Les 40 premiers kilomètres sont parcourus avec un cycliste local. J’ai roulé sans effort ni assistance électrique. Arrivés à Mimizan nos routes se séparent et je poursuis mon chemin en solo avec une relative aisance.

Il est 14h30, et il ne me reste qu’une trentaine de kilomètres à parcourir pour arriver à destination. Il fait chaud et nul doute que je ferai une halte à la première terrasse venue. Le temps est superbe en ce début de septembre, je pédale peinard et sans problème aucun, la truffe au vent au milieu des résineux…

17h30, arrivée à Moliets. Ce sera ma dernière étape seul. Jérémy et Charles viennent chercher leur vieux père demain sur Biarritz, point final de ce périple.

Ce soir, je vais chercher un hébergement pour mes deux fils, lesquels ont la gentillesse de venir me chercher. Nous clôturerons ce périple par un petit repas entre hommes, nous le méritons bien.

En cet instant, il est 21h30 et je me couche pour être dans les meilleures conditions physiques pour ce dernier tronçon.


  • J12 Mardi 06 septembre 2016. Moliets > Biarritz. Distance 60 kms.

Le premier tiers de ce trajet est un parcours dit « famille » jusqu’à Boucau puis le parcours est plus complexe jusqu’à Bayonne avec des dénivelés dans les dunes ; je pédale comme un gamin et je m’amuse des petits dénivelés au milieu de pins ; le revêtement soulevé par les racines ne permet pas de prendre de la vitesse pour gravir les petites pentes mais peu importe, il n’y a pas de pénibilités majeures

Le trajet Bayonne Biarritz est qualifié « expert » avec un mixte de voitures et vélos, ce qui impose une grande vigilance. La région est magnifique et l’arrivée à Biarritz à bicyclette est ressentie comme une vraie satisfaction de mission accomplie, sans douleurs physiques, après avoir préparé mon corps durant plus d’une année, j’ai réalisé ce périple dans les meilleures conditions, comme évoqué au printemps 2015. Un petit rêve devenu réalité…


 

Bilan/ Epilogue

Ce périple n’a pas été un parcours avec visites de villes, châteaux et autres curiosités. Par ailleurs, la durée du périple aurait été plus longue et le budget s’en serait fortement ressenti.

Ce périple a été axé uniquement sur la pratique d’un sport en douceur, sur la recherche du bien-être, au bonheur de pédaler en liberté et à son rythme et de se poser lorsqu’on l’a décidé. Une forme de liberté qui fait du bien et me change des dictats de la société actuelle.

Il a été aussi une véritable richesse en termes de contacts et de rencontres humaines, me confirmant et me rassurant que le monde n’était pas si mauvais que cela.

1250 kilomètres auront été parcourus sur 12 jours dont environ 650 kms avec peu ou pas de dénivelés. L’estimation journalière initiale était de 80 à 100 kms/ jour, performance journalière dans la moyenne haute avec la réalisation de 105 kms par jour.

Une météo très favorable avec toutefois 2 journées caniculaires puis une température que j’estime chaude mais supportable, pas ou peu de vent, aucun orage sur les 12 jours du parcours.

Concernant le vélo, une autonomie de la batterie utilisée sur environ 50% du parcours total, sollicitation de la batterie de 0% à 75% selon les jours. Pour simplifier, la batterie a été utilisée après les 60 à 80 premiers kilomètres quotidiens ; sur les routes et pistes plates (bords de Loire, Landes), la batterie n’a pratiquement pas été sollicitée.

Aucun problème avec le vélo, sauf d’ajuster la pression du pneu avant (je souris face à la gravité du problème…)

Hébergement de 10 nuitées à l’hôtel, 1 nuitée en camping, 1 nuitée en chambre d’hôtes. Dans tous les cas, j’ai pu sécuriser le vélo et recharger les batteries (vélo, GP, téléphone).

Budget « maitrisé » mais qui aurait pu nettement être minoré si j’avais effectué ce parcours avec un cycliste de même profil et ayant les mêmes aspirations. Une autre fois peut-être…

Côté santé, un mental renforcé, un bien être inégalé, une super respiration durant tout le parcours sans fatiguer le cœur, aucun problème musculaire, (le baume du tigre aux huiles essentielles a peut-être contribué à cela), fessier protégé par un cuissard et une crème spécifique. Hydratation constante, fruits secs et frais durant le parcours, faim de loup le soir, bref pas de grosses variables de poids sur les 12 jours, seule la perte d’un kilo, ce qui reste mineur et me convient parfaitement.

Autre point, il m’a été confirmé par l’ensemble des hôteliers qu’en cette année 2016, un développement sans précédent de cyclistes itinérants a été constaté, majoritairement des itinérants vélos sans assistance électrique, hormis les Allemands et Suisses qui optent d’ores et déjà sur ce créneau, ce qui me conforte sur l’arrêté du choix de vélo et la faisabilité de voyager ainsi.

Nul doute que le vélo électrique va se démocratiser encore davantage dans les années à venir permettant, je l’espère, à beaucoup de personnes d’oser entreprendre tout comme moi des petits voyages ou escapades, rien que pour le plaisir…. Vive le vélo et à la prochaine !


 

Article de presse

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