Le vélotaf au point mort en France ... depuis 10 ans

8 mars 2017

Le vélotaf designe la pratique du vélo comme moyen de transport pour aller au travail, faire ses courses, emmener les enfants à l'école, etc.
Les ventes de vélo en France augmentent et pourtant selon une étude de l'INSEE publiée en Janvier 2017, moins de 2% des actifs ayant un emploi utilisaient le vélo comme moyen de transport pour aller travailler en 2015 ; un pourcentage qui n'évolue pas depuis une dizaine d'année.

Trajet domicile - travail : quelles sont les habitudes des français ?

Selon l’INSEE, en moyenne, 70% des déplacements des actifs pour se rendre sur leurs lieux de travail se fait en voiture, contre 14,8% en transports en commun, 1,9% en deux roues motorisées et 1,9% à vélo.

Les modes de transports doux (vélo, marche, patinette, rollers) sont surtout utilisés pour des trajets domicile-travail très courts. On constate d’ailleurs que le recours au vélo, croît jusqu’à une distance de 4 kilomètres, puis décroît au-delà. 

En effet, sur des parcours compris entre 3 et 4 km, la part du vélo monte à 5%. Cependant, il occupe toujours l’avant dernière place devant les deux-roues motorisées (3,1%), mais derrière la marche (8%), les transports en communs (21,5%) et la voiture (62,4%).

Qui sont ces français, adeptes du vélotaf ?

les chiffres du velotaf en FranceLe vélo est surtout utilisé par les actifs résidant dans le centre des grandes villes françaises. C’est dans ce type d’environnement, qui cumulent grand nombre d’emploi et taux d’urbanisation élevé, que 4% des travailleurs rejoignent leurs lieux de travail à bicyclette soit deux fois plus que la moyenne.

L’utilisation du vélo pour aller travailler varie peu en fonction de l’âge contrairement aux autres modes de déplacement.  

Par contre, on peut noter que les femmes (1,5%) vont souvent moins travailler à bicyclette que les hommes (2,4%), tandis qu’elles empruntent plus fréquemment les transports en commun. 

Les cadres et les diplômés du supérieur recourent plus à ce mode de déplacement que les actifs. D’ailleurs, on estime que les cadres et les employés choisissent plus facilement le vélo comme moyen de transport contrairement aux artisans et commerçants.

Les bons élèves sont Bordeaux, Grenoble et Strasbourg avec 12 à 16% de leur population active adepte du vélotaf.

D’autre part, les étrangers européens résidant en France conservent des habitudes très proches de leur pays d’origine. C’est donc sans aucun doute qu’un hollandais favorisera le vélo à la voiture même s’il réside en France ! 

Comment se compare la France à ses voisins ?

Part du vélo dans les déplacements en Europe

En 2006 – source www.fietsberaad.nl/library/repository/bestanden/Leveloauxpaysbas2009.pdf

En Europe, on estime que 7% des citoyens actifs se déplacent à vélo pour leurs déplacements quotidiens, mais les disparités sont grandes entre les pays du nord de l’Europe, pratiquants, et les pays du Sud de l’Europe, où le soleil devrait pourtant encourager la pratique du vélo.

On considère que ces différences d’utilisation du vélo entre les différents pays d’Europe résultent des investissements mis en oeuvre au niveau des structures et du développement du vélo par les différents Etats.

Mais que fait l'état ?

Alors que les grandes villes françaises sonnent l’alerte pollution, l’Etat a mis en place en 2016 et 2017 des dispositifs pour encourager la pratique du vélo. 

  • Une incitation fiscale qui concerne les entreprises qui investissent dans une flotte de vélos pour leurs salariés et les particuliers ; ces mesures sont financées par les entreprises, si elles le veulent bien.
  • Une prime de 200 euros à l’achat pour un cycle à assistance électrique en 2017  ; le coût de cette mesure pour l’état ne devrait pas dépasser 30 millions d’euros en 2017 (150.000 VAE x 200 euros) et il faut déduire de ce montant celui des subventions qui ne seront plus reversées localement par les municipalités

A cela s’ajoute les mesures locales avec le développement des pistes cyclables, des vélos en location dans les centre-villes, …

Espérons que fort des ces étincelles, le feu « Vélo » finira par prendre en France comme chez nos voisins Néerlandais.